a profondeur va s’abaisser, 1,35 m à 1,4 m en fond plat s’imposant peu à peu comme un standard. Les volumes d’eau diminuent, mais la fréquentation du bassin suit une courbe inverse, les gens restent plus longtemps dans l’eau. Eau plus chaude, volume d’eau moins important, la donne a changé au point de vue de la gestion de la piscine.

Piscine vue sur mer (Agapa Spa)
Si on excepte les piscines d’eau thermale à vocation thérapeutique, la piscine dans un cadre public a d’abord été conçue le plus souvent comme un équipement pour la natation, les bassins étaient assez profonds pour permettre le plongeon et les dimensions généreuses impliquaient de traiter des volumes d’eau très importants, générant des coûts d’entretien et d’exploitation extrêmement lourds. Puis on s’est aperçu que les plages de la piscine étaient beaucoup plus fréquentées que le bassin lui-même, et s’est alors développée une approche différente : la piscine « bien-être ». Piscine « bien-être » tonique ou ludique avec les piscines animées de jets, canons à eau, bains bouillonnants et autres nages à contre-courant dans une eau de plus en plus chaude (30° C et plus).
L
Le créateur d’un Spa (au sens : lieu où on vient pratiquer des activités de bien-être) est donc souvent confronté à un certain nombre de questions quant au choix le plus judicieux pour son établissement qui se doit, Sanitas Per Aqua oblige, d’offrir des « prestations d’eau » : petite piscine ou grand spa, quel équipement choisir ?

Spa (Io Le Flon à Lausanne)
De son côté, le spa s’est peu à peu imposé comme alternative à la piscine classique auprès du grand public : gain de place, budget plus abordable, utilisation toutes saisons possible, convivialité et plaisirs de l’hydromassage ont concouru à en faire un équipement de loisirs très prisé au niveau familial. Mais dans le même temps, grandissait un certain mouvement de suspicion parmi les consommateurs quant à son usage à titre collectif. Les spas, pas toujours très bien entretenus de certains clubs étaient perçus, à juste raison, comme de véritables bains de cultures de bactéries et avaient terni l’image. L’Administration met plus ou moins en garde régulièrement contre les risques sanitaires du spa dans les établissements recevant du public, sans toutefois avoir apporté à ce jour de réponses de type réglementaires différentes de celles des piscines publiques et baignades aménagées.
D’emblée, il faut bien dire que le spa a beaucoup évolué ces dernières années. On est loin de ces hotubs ou whirpools tous un peu semblables, en provenance des Etats-Unis, posés comme un gros saladier sur un petit espace étriqué. Le spa sait désormais séduire et cultive à son avantage de nombreux atouts qu’il faut prendre en compte.
Le concept du spa de nage qui offre dans un espace réduit (4 à 6 m de longueur pour 2,4 m de largeur) 3 à 6 assises avec hydromassage et un dispositif de nage à contre-courant particulièrement efficace, s’impose aujourd’hui de plus en plus comme une évidence dans de nombreux projets de création de Spa. Le spa de nage concentre dans un faible volume d’eau (maximum 15 m3) les avantages d’une piscine classique avec les plaisirs du spa : se faire masser par des jets à large diffusion, faire de l’exercice, nager, se détendre et profiter d’une convivialité certaine. Et quand on sait que le volume d’eau a une incidence importante sur la gestion financière : consommation d’énergie pour le maintien de la température de l’eau, consommation de produits de désinfection (traitement au m3), consommation d’eau, l’argument devient séduisant.*
Quels sont les points importants à ne pas négliger pour faire le bon choix ?
D’après Stéphane BARRALIS, qui est Président de la Commission Spas à la Fédération Professionnelle de la Piscine et qui travaille à ce titre à la définition d’une Charte de recommandations Techniques à l’usage du spa public (par opposition avec le spa à usage dans le seul cadre familial), ils sont de trois ordres :
- l’aspect esthétique,
- l’aspect pratique,
- l’aspect technique.
Commençons par l’aspect esthétique, qui est un critère de choix particulièrement important dans un établissement dédié au bien-être holistique. L’esthétique, c’est d’abord le revêtement et le choix se fait entre le spa en acrylique ou le spa carrelé.
Les revêtements acryliques se sont enrichis de nombreux coloris qui permettent de réaliser à la demande les décors les plus raffinés en harmonie avec l’environnement. Le revêtement réservé à l’espace d’accès au bassin est conçu pour être antidérapant et résistant dans le temps. L’entretien est aisé sous réserve de bien suivre les préconisations du fabricant (produits chimiques adaptés pour ne pas altérer la surface), le tout pour un budget raisonnable. Le spa de nage acrylique séduit des clientèles d’exploitants de plus en plus large : campings haut de gamme, centres de séminaires, gîtes et maisons d’hôtes, hôtels …

Bien entendu, le spa carrelé permet de donner libre cours à une plus grande créativité tant au niveau de la forme que du décor. Des mosaïques précieuses aux émaux de Briare, en passant par les pâtes de verre enrichies d’or, le spa revêt alors des aspects nature et naturels bien supérieurs, sous réserve d’une parfaite mise en œuvre par les hommes de l’art. Il faut quand même savoir qu’au niveau de l’investissement, le rapport va de 1 pour un spa acrylique à 2 au minimum pour un spa mosaïque, mais quel plaisir unique … A noter également un avantage non négligeable : le spa carrelé permet plus de souplesse pour adapter les filtres, donc la vitesse de filtration à l’utilisation désirée et donc de bénéficier à la demande d’un système plus performant du fait de la mise en œuvre systématique d’un appareillage de filtration autonome.
Spa acrylique, spa carrelé, le dédoublement des skimmers est fortement conseillé dans un usage public car il va permettre d’écrémer en continu la fine pellicule à la surface de l’eau. Ils offrent un attrait visuel du plus bel effet, qui peut être magnifié si on l’encastre au ras du sol ou très légèrement en surélévation, pour un effet de type miroir.
L’aspect esthétique est essentiel donc, mais cela ne doit surtout pas être le seul critère de choix. L’aspect technique est un point fondamental à étudier préalablement et un fournisseur sérieux doit d’abord vous faire préciser dans quelles conditions vous exploiterez votre spa. Et là, il faut mieux anticiper : combien de clients par jour ? Par heure ? En même temps ? On imagine bien que cela n’est pas pareil de traiter correctement la filtration d’un spa si les vingt clients se répartissent sur toute la journée (comme dans un hôtel à Paris par exemple) ou si au contraire, ils rentrent tous en même temps au gîte à la fin de la journée après une randonnée. De même, si un spa conçu pour 4 à 5 personnes peut accueillir sans problème ces 4 personnes dans un usage familial, il n’en est pas de même dans un usage public et il est préférable de prendre de la marge : un spa dit pour 4 à 5 personnes sera adapté en fait pour accueillir confortablement 2 personnes, pas plus dans un usage public.
La prise en compte du contexte de l’exploitation va donc conditionner le choix du type de filtration et désinfection.
Pour comprendre le niveau de contraintes concernant le traitement de l’eau dans un spa, Stéphane BARRALIS utilise une image très parlante : « 3 personnes qui se baignent dans un spa ayant un volume d’un m3 d’eau, cela reviendrait à baigner simultanément 150 personnes en même temps dans une piscine de 50 m3 ! » Ce propos illustre bien le défi à relever, d’où l’importance de bien choisir son équipement après un vrai dialogue avec son fournisseur. La vitesse de filtration est un point qui ne souffre pas d’approximation dans un spa à usage public. De plus, l’agitation de l’eau et son aération provoquée par l’animation (hydromassages) entraînent des déséquilibres chimiques qui impliquent une surveillance en continu.
L’investissement est conséquent : entre 10.000 et 15.000 € pour un spa acrylique, conçu pour 6 personnes (3 en fait) et 22.000 et 28.000 € pour un spa mosaïque de mêmes dimensions, il se peut même que ce budget soit doublé dans le cas de la mise en œuvre d’un projet de type Spa de Nage. D’où l’intérêt d’un projet bien mûri.
L’aspect « conseils d’après » est aussi très important : comment gérer un stock de pièces détachées, comment préparer les visites de la DDASS, comment suivre l’évolution des produits ? …
En amont du projet, on n’oubliera pas non plus d’établir ou de faire établir par un consultant expérimenté un cahier des charges pour tout ce qui concerne l’environnement d’un spa : la douche à proximité, la possibilité de temporiser les jets, le traitement de l’air et la déshumidification qui font l’objet de normes, le choix de matériaux adaptés à l’humidité (ne pas oublier que le spa produit des éclaboussures d’eau sur le sol : rien de pire qu’un parquet qui ondule ou qu’un revêtement coco qui développe des mauvaises odeurs), sans oublier les fameuses pentes du sol bien orientées qui font quelquefois tout simplement défaut …
Enfin, rien ne sert d’investir dans le spa de nage le plus beau du monde si c’est pour le confiner entre les quatre murs de brique d’un local étriqué en sous-sol : le spa s’inscrit dans un espace serein, on doit pouvoir y ressentir le bien-être et la relaxation. C’est un point de rencontre qui va catalyser cet effet de bien-être. Le spa appelle à une mise en scène, la décoration, la personnalisation sont autant d’éléments qui vont concourir à un faire un endroit unique pour que les clients se sentent eux-mêmes uniques. Les techniques se font de plus en plus sophistiquées : chromothérapie par fibre optique ou leds, eau parfumée, sonorisation, tout concourt à créer une ambiance raffinée et magique. Le spa de nage a sans aucun doute de belles perspectives de développement devant lui …
Article rédigé par Mireille BARREAU et publié dans « Emotion Spa Magazine »

bassin aquasensoriel (Spa Nua à Sapanja -Turquie)
très instructif!