Un Spa se doit-il de proposer ou non des soins d’eau ? Le débat semble récurrent ; il faut avouer que les enjeux sont conséquents, tant le terme « Spa » lui-même apporte aujourd’hui de valeur ajoutée à tout ce qui touche le vaste univers des soins du corps … Pourtant, non, tout ce qui est « beauté et bien-être » n’est pas Spa.
Revenons aux fondamentaux : Spa, c’est la santé par l’eau. Si le Spa est ce nouveau sanctuaire dédié à la santé, à la beauté et au bien-être, l’eau en est bien la grande prêtresse, donnant à chaque fois le meilleur d’elle-même en un miracle sans cesse renouvelé : fraîcheur des cristaux à la fontaine de glace ou brumisation vivifiante de la douche expérience, vapeurs oniriques du hammam, pluie apaisante de la douche affusion, enveloppe quasi matricielle du bain, bulles et jets tonifiants du bassin aquasensoriel ; les soins d’eau sont au cœur de la démarche Spa, au même titre que les soins manuels.
Pour preuves s’il en fallait de l’universalité du mythe de l’eau bienfaisante tant pour le corps que pour l’esprit et le spirituel, les thermes antiques, les sources miraculeuses du Moyen âge, la place du hammam dans la vie sociale des pays orientaux, la mise en évidence du service médical rendu par les cures thermales, le développement du thermoludisme et les succès de la thalassothérapie en sont autant de précieux témoignages.
Tous ces univers du bien-être se rencontrent autour de l’eau qui fédère. Seul, le décor et la mise en scène diffèrent, n’en déplaise aux fâcheux qui voudraient opposer indéfiniment thermalisme, thermoludisme, thalassothérapie ou Spa. A chacun ses objectifs, à chacun son public, à chacun son ambiance, mais tous ces univers ont besoin de l’eau pour soigner, pour apaiser, pour détendre, pour revitaliser, pour régénérer.
Pure, naturelle, abondante, puisée aux sources ou en mer, thermale ou issue du réseau public, l’eau est aujourd’hui utilisée dans la plupart de nos Spas et autres instituts de bien-être, sans trop compter, comme si la ressource était inépuisable.
L’eau a toujours été vitale, elle est devenue précieuse, elle risque de devenir rare.
Nous, exploitants de Spas ou d’instituts de bien-être qui utilisons l’eau au service de la beauté et du bien-être, nous ne pouvons plus ignorer ces réalités : comment relever le défi du développement durable et ne pas gaspiller l’eau au seul nom d’un bien-être égoïste ?
Qu’il s’agisse de l’eau utilisée en quantité pour les soins ou de l’eau nécessaire pour l’entretien du linge (tant de serviettes et de peignoirs encore utilisés dans les Spas, alors que les hôtels ont su sensibiliser leur clientèle sur ce point délicat du gaspillage de l’eau et de la pollution des produits chimiques pour laver), à nous de repenser nos pratiques et acquérir de nouveaux comportements sans porter atteinte à la magie de l’eau, eau si fragile, eau à protéger, eau à respecter pour qu’elle continue à nous donner le meilleur d’elle-même.
Mireille BARREAU