Il n’existe pas aujourd’hui de terminologie qui fasse autorité pour définir ce que l’on appelle « Spa » ; derrière cette appellation très « marketing » se cachent des établissements extrêmement différents, quant à leur typologie et leur offre de services.
Qu’en est-il toutefois de ce marché émergent en termes de marché et de perspectives de développement ?
A l’initiative de la Confédération Nationale de l’Esthétique et de la Parfumerie (CNEP) qui représente l’ensemble de la filière « Beauté et Bien-être » à travers ses cinq syndicats patronaux (marques cosmétiques, exploitants de Spas et autres instituts de bien-être et de beauté, écoles professionnelles, salons de bronzage et fournisseurs équipementiers), une grande étude a été confiée au CREDOC pour tenter de mesurer l’impact économique de la filière.
En ce qui concerne la demande adressée au secteur, on distingue trois temps du développement du marché des soins de beauté et de bien-être : après un premier temps entre 1960 et 1981 qui se traduit par une augmentation de +1,1 %, puis un second temps entre 1981 et 1997 avec 3,5%, dans le troisième temps entre 1997 et 2006, on enregistre une augmentation de +6,6 % (Source INSEE, Comptes nationaux, 2006).
La prospective de la demande adressée au secteur est exceptionnelle selon le CREDOC. Selon l’analyse générationnelle qui pose le principe que chaque génération a son propre calendrier de vie, qu’elle est notamment « marquée » à la fois par des expériences vécues pendant sa jeunesse et par l’héritage de la génération précédente, on constate une franche rupture entre les générations en ce qui concerne la consommation des soins de beauté et de bien-être, rupture qui se traduit sous deux aspects :
- Pour les générations nées après 1945 (depuis celles qui ont connu Mai 68 jusqu’à celles d’Internet), on note une très forte progression des dépenses au cours du cycle de vie alors que pour les générations nées avant 1945, on n’observe pas d’effet d’apprentissage ;
- Les nouvelles générations non seulement consomment plus, mais dépensent davantage à chaque fois qu’elles consomment.
Cette situation est qualifiée de « septième ciel » par les économistes : le marché des soins de bien-être et de beauté est le seul en France à bénéficier de cette situation.
Reste aujourd’hui à vérifier, au niveau de l’offre, l’adéquation sur le long terme entre les réponses apportées par les acteurs et la demande des consommateurs.