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Thermoludisme, Spa thermal, le chemin de la diversification des thermes

Le thermalisme à la française évolue profondément depuis ces dix dernières années. Alternative économique au thermalisme social (pris en charge par les organismes de sécurité sociale), les centres thermoludiques et les Spas thermaux se développent aux côtés des établissements de cure traditionnels. Qu’est ce que ces établissements ont en commun, qu’est ce qui les sépare ?

Thermapolis

Thermapolis


Dans les deux cas, c’est l’eau minérale, c’est-à-dire une eau agréée par le Ministère de la Santé et reconnue tant pour sa qualité que ses vertus bénéfiques pour la santé, qui va être utilisée. Certains centres thermoludiques et Spas thermaux utilisent une eau de source, très proche des eaux minérales, mais sans le « label » eau minérale, car la procédure d’agrément est extrêmement longue à obtenir. Dans un centre thermoludique, les prestations sont en libre accès et collectives : piscines et bassins animés, hammams, saunas …

Le Spa thermal va proposer des soins de bien-être personnalisés, donnés par un esthéticien ou un praticien de soins de bien-être dans une cabine Spa individuelle, et cela dans un environnement raffiné et polysensoriel. C’est le cas du Spa thermal de Brides-les-Bains. Signalons que la tendance aujourd’hui est de proposer dans un même établissement à la fois les soins Spa et les activités thermoludiques, mais en séparant bien les locaux. On ne peut pas mélanger les deux clientèles, certes, mais il n’en reste pas moins vrai qu’on peut à un moment avoir plutôt envie de la sérénité et du ressourcement du Spa, et plus tard à un autre moment de la convivialité du bassin thermoludique …

Caldea

Caldea

Pourquoi les centres thermaux évoluent-ils vers cette offre ? Thermoludisme et Spas thermaux constituent-ils aujourd’hui pour les centres thermaux le seul relais de croissance et l’unique possibilité de redorer un blason un peu désuet attaché à la cure thermale traditionnelle ?

La vocation des stations thermales telles qu’elles se sont développées au cours des 60 dernières années en France a été principalement d’offrir une alternative curative dans des indications bien identifiées et preuve a été faite de l’efficacité des cures thermales dans de nombreuses pathologies chroniques (rhumatismes, voies respiratoires, dermatologie …)

Mais il ne faut pas oublier que les stations thermales sont riches d’une histoire beaucoup plus longue et complexe depuis l’Antiquité. La tradition du hammam nous vient tout droit des thermes romains. A la fin du 19ème siècle, « prendre des eaux » ouvrait sur un monde de luxe, de bien-être, réservée à une clientèle « haut de gamme » qui fréquentait alors les palaces du lieu.

Le « thermalisme social » a permis à la fin de la guerre l’accès à cette thérapeutique au plus grand nombre et on ne peut que s’en féliciter. Les stations thermales ont profité de cette manne pour développer une économie souvent à l’échelle de toute une vallée.

Mais aujourd’hui, les remises en cause des conditions de prise en charge sociale de la santé sont venues bouleverser les acquis ; les curistes sont de moins en moins nombreux à pouvoir fréquenter un hôtel pendant trois semaines de suite et les stations thermales n’ont peut-être pas toujours su anticiper ce mouvement de recul.

Faute d’un effort pour renouveler leurs clientèles, elles ont perdu des parts de marché importantes au profil d’autres thérapeutiques. Le manque de moyens leur a fait perdre leur attrait, leur capacité à communiquer et à se développer, d’où cette idée fausse que le thermalisme, c’est un peu désuet.

En effet, des stations dynamiques ont relevé le défi et ont su évoluer pour continuer de mettre à la portée de nouveaux publics tous les bienfaits de leurs eaux minérales. Les premiers centres ludiques ont plus de 15 ans, ne pas l’oublier ! Mais on en parlait peu à ce moment-là. Les Spas thermaux et les espaces thermoludiques profitent aujourd’hui de la vague Spa qui fait la une des médias actuellement et c’est tant mieux !

Mais il serait réducteur de penser qu’hormis le Spa et le thermoludisme, pas de futur pour les stations thermales ! Les eaux minérales ont tant de richesses à apporter dans une société qui recherche la naturalité, l’essentiel, le bien-être écologique qu’elles ont encore de beaux jours devant elles, en particulier dans le domaine de la prévention et de l’art du mieux-vivre. C’est un vaste champ de développement et de croissance qui reste à investiguer et à investir !

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La volonté des centres qui entreprennent ce type d’évolution est-elle de se positionner sur un créneau beaucoup plus “luxe” ?

Je ne pense pas que l’objectif principal soit d’abord de se positionner sur un créneau « luxe ». Il s’agit plutôt pour les thermes de renouer avec un public, en adaptant leur offre aux aspirations de nos contemporains, qui recherchent une réponse adaptée à leur désir de bien-être, de reconnaissance, de valorisation, de prise en charge très personnalisée. Et par là même, de renouer avec le marché, la croissance, et pouvoir ainsi continuer à jouer leur rôle économique tout en protégeant et en valorisant cette richesse exceptionnelle qu’est l’eau minérale.

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Drainent-ils une nouvelle clientèle ? Cette clientèle diffère-t-elle entre Spas thermaux et centres de thermoludisme ?

Bien sûr qu’il existe une clientèle ; pour preuve le succès d’établissements comme Thermapolis, Balnéa, Aquensis, aujourd’hui Les Bains de Monetier ou Royatonic… qui ont su dès leur ouverture attirer leur public alors que le produit était tout à fait inconnu il y a encore cinq ans et que les médias ne s’y intéressaient pas autant qu’aujourd’hui. Pour preuve, certains établissements ont dû doubler leur surface, et ce très rapidement.

Quant à la clientèle, elle est évidemment différente selon qu’elle fréquente le Spa thermal ou le centre thermoludique. Le Spa est avant tout une démarche individuelle, seul, en couple ou avec une amie. C’est un rendez-vous avec soi. Le centre thermoludique est plus familial, plus convivial, on s’y retrouve avec des groupes d’amis, on va y à la rencontre des autres. Mais je le rappelle, la clientèle peut être la même à des moments différents, on appréciera plutôt l’une ou l’autre démarche selon l’humeur du moment.


Quelles sont les contraintes et les difficultés rencontrées dans la mise en place de spas thermaux et/ou centres de thermoludisme (au niveau de l’eau notamment) ?

Pour se prévaloir de l’image « thermale » qui est un formidable atout de promotion (qui ne s’est jamais baigné dans une eau minérale chaude ignore encore tout du plaisir du bain !), il est donc nécessaire d’utiliser une ressource en eau agréée « eau minérale » et cela implique des contraintes, tant au niveau des captages et des réseaux d’amenée des eaux à l’établissement, qu’elles soient de nature réglementaire ou technique.

Ainsi, utiliser une eau minérale est beaucoup plus exigent en terme de maîtrise de la qualité sanitaire que pour l’eau du réseau d’adduction publique. La minéralité qui fait la richesse de l’eau a aussi bien des inconvénients : dépôts, corrosion, … qu’il faut traiter au quotidien. Mais au bout du compte, que de satisfactions !

Par ailleurs, le cadre réglementaire est souvent un frein !


D’un point de vue “pratique”, cette diversification fait-elle naître de nouvelles offres commerciales et autres possibilités pour la clientèle, jusque là pas utilisées sur le marché du thermalisme (ex : cible plus familiale, etc.) ?

Les cartes de fidélité, les « pass famille » et autres abonnements attirent en effet une clientèle plus large. On parle là bien sûr des espaces thermoludiques. Mais l’exploitant doit rester très vigilant dans sa gestion. L’espace thermoludique requiert des investissements très lourds au départ. Ensuite la qualité s’entretient au quotidien, qualité du service avec du personnel en nombre suffisant pour assurer la fluidité, l’hygiène, la maintenance, l’accueil … Et cela a un coût certain, c’est pourquoi il faut rester attentif à ne pas faire baisser de façon trop importante le panier moyen par visiteur.

Par ailleurs, une sur-fréquentation ou une mauvaise appréhension des mélanges de clientèle (enfants et adultes) présentent des risques importants de désaffection par la clientèle la plus solvable par exemple. Certains établissements ont développé des espaces différenciés (lieux ou temps) qui permettent de surmonter ces difficultés, c’est le cas de Balnéa à Loudenvielle par exemple. D’autres ont décidé de ne pas appliquer de tarifs particuliers pour les enfants ou de limiter l’âge d’entrée. Ces points doivent être bien déterminés avant la conception et l’ouverture de l’établissement.


Pouvez-vous nous parler de projets récemment réalisés, en cours de réalisation et à venir pour le futur ?

Enghien-les-Bains a ouvert il y a déjà quelques années un Spa thermal dont on a beaucoup parlé. L’expérience de Brides-les-Bains, celle de Bagnères-de-Bigorre sont également remarquables. Mais, dopés par le volontarisme des Elus, c’est surtout dans les régions Midi-Pyrénées et Auvergne que se développent des projets thermaux « alternatifs ». Depuis 2009, de superbes réalisations ont ouvert leurs portes au public : à Barèges, à Ax-les-Thermes, à Chaudes-Aigues, à Monêtier-les-Bains… La plupart des stations s’intéresse au phénomène, mais attention toutefois à la saturation du marché à terme !


Au niveau de l’hôtellerie, quels sont les schémas visibles et envisageables pour coupler thermoludisme, spas thermaux et hôtels ? Et d’une manière générale : quelles sont les possibilités en terme d’hébergement ?

Bien sûr, le schéma idéal est l’hôtel intégré au Spa thermal. Mais tout n’est pas simple. Il existe aujourd’hui peu d’hôtels intégrés aux thermes ou ceux-ci ont été au fil du temps transformés en résidences hôtelières. La plupart ont été peu à peu réservés à la clientèle curiste, avec des services et des niveaux de qualité insuffisants pour attirer une clientèle Spa.

Par ailleurs, rappelons que le Spa thermal est tributaire d’une contrainte de localisation importante, il doit être situé à proximité immédiate de la source, une contrainte que ne subissent pas les autres Spas hôteliers ou de destination qui peuvent choisir leur meilleur emplacement en fonction de critères plus touristiques ou d’agrément.

Mais il existe encore dans certaines stations de véritables joyaux d’architecture thermale qui ne demandent qu’à entamer une nouvelle vie et qui pourront sous l’impulsion d’un projet bien maîtrisé offrir un environnement Spa de très grande qualité.

Quant au centre thermoludique, l’intégration d’un Hôtel est un plus indéniable, mais pas forcément indispensable. Une résidence hôtelière peut être une réponse tout aussi adaptée. Par ses dimensions, le centre thermoludique en fait est plutôt conçu comme un élément structurant de l’économie touristique locale et peut faire vivre plusieurs hôtels ou résidences de gamme différente.


Thermoludisme et spas thermaux peuvent-ils être associés à une catégorie hôtelière 4* luxe ?

Un hôtel ne peut pas à lui tout seul faire vivre un centre thermoludique ; la clientèle doit être drainée à l’échelle de toute la station, voire dans un périmètre d’une heure et demie ou deux heures de là. Il semble donc difficile de l’associer à un hôtel 4* luxe. Quant au Spa thermal, on va encore voir se développer dans des stations de portée nationale un ou deux hôtels 4* dans les prochaines années, mais cette approche ne me semble pas adaptée pour la plupart des stations thermales. Je pense qu’on s’orientera plutôt vers du 3*, le Spa d’une manière générale ne pourra gagner des parts de marché qu’en s’adressant à de nouvelles clientèles.


La France doit-elle, ou même est-elle en train de s’inspirer de ses voisins européens pour faire évoluer son offre de thermalisme ?

Bien entendu, et ce n’est un secret pour personne, le grand modèle du thermoludisme reste l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Hongrie, des pays qui ont toujours su préserver un caractère très ouvert à leurs stations thermales alors que la France s’engageait dans une démarche beaucoup plus médicalisée et spécialisée « santé – curatif ». Ce n’est pas par hasard que c’est à Amnéville-les-Thermes, près des frontières du Luxembourg et de l’Allemagne, qu’est né le premier vrai grand centre thermoludique en France.

Parmi les exemples que j’aime citer, les thermes de Caracalla à Baden-Baden (Allemagne) qui ne prennent pas une ride depuis leur création, les thermes Carolus à Aix la Chapelle (Allemagne) qui ont magnifié l’art de vivre des saunas et autres hammams, Les Bains de Saillon ou ceux de Scuol pour les fameux bains irlando-romains (un véritable rituel Spa qui s’ignorait …), les Thermes de Vals à l’architecture impressionnante, (tous trois en Suisse), la liste peut être longue … La Hongrie a également un patrimoine exceptionnel, qu’il s’agisse des Bains Gellert ou de Széchenyi, de véritables joyaux du thermoludisme, en plein renouveau depuis l’entrée de la Hongrie dans la Communauté Européenne.


La France est-elle à la traîne par rapport à ses voisins européens sur ce créneau ?

Ce ne serait pas juste de considérer que la France est à la traîne. Le thermalisme français avait en son temps fait un autre choix pour son développement et l’a assumé avec bonheur pendant des années. On n’a donc pas la même culture thermale en France que dans nos pays voisins où passer un moment aux Bains thermaux est un acte tout à fait banalisé dans la vie quotidienne.

Aujourd’hui, c’est vrai, les conditions ont changé et nos stations doivent se redéployer sur de nouveaux créneaux de développement économique. La prévention, le bien-être, le ressourcement, le ludique font partie des nouveaux axes de croissance. Peut-être est-il un peu tard pour certaines stations qui n’ont pas su opérer à temps les reconversions qui s’imposent que ce soit au niveau de leurs aménagements, de leurs hébergements ou de leur offre touristique … Mais regardons autour de nous, elles sont nombreuses à avoir fait du chemin. Dommage que le thermalisme souffre d’un tel déficit de communication qu’on en vient à ignorer ces belles reconversions. En ce domaine, il reste un travail considérable à faire par les opérateurs et les élus des stations pour valoriser leur offre, comme a si bien su le faire l’Univers du Spa …


Pouvez-vous enfin me parler de vos projets en cours et domaines d’activités ?

A travers la direction de bureaux d’études spécialisés comme Bether et Thermes-Experts, aujourd’hui Ressourcea, j’interviens depuis près de 20 ans dans l’univers du thermalisme et du thermoludisme. A ces divers titres, j’ai eu la très grande satisfaction de réaliser les études de faisabilité pour les centres thermoludiques qui ouvrent aujourd’hui : Ax-les-Thermes, Barèges, Chaudes-Aigues. J’ai fait un bout de chemin avec les promoteurs de l’idée des Bains de Monétier, du temps où il ne s’agissait que du rêve d’élus inspirés qu’il fallait concrétiser. Ces expériences ont été fabuleuses, c’est un vrai bonheur pour moi d’avoir inspiré ces concepts et contribué à faire grandir la conviction que ces projets devaient être développés.

Aujourd’hui c’est la SEAT (Groupe Danone) qui nous a confié une mission pour le redéploiement des activités thermales de la Station d’Evian-les-Bains : cures, remise en forme, Spa thermal. Un projet magnifique pour des Thermes qui cumulent les atouts les plus favorables !

Aujourd’hui, le Spa prend une part de plus en plus importante dans notre activité. Mais les passerelles sont nombreuses ; par exemple avec le développement des Spas médicalisés que nous suivons attentivement. Nous sommes également souvent consultés par des Stations ou des communes thermales qui se posent la question d’un nouveau positionnement stratégique vers le Spa ou le thermoludisme.

Ces univers sont très proches les uns des autres et les opérateurs ont tant à apprendre les uns des autres. C’est l’un de nos atouts essentiels d’être à la croisée entre le thermalisme et le Spa. C’est également toute la richesse de ce métier qui puise ses racines et son identité dans le plus profond des cultures et des civilisations du monde.


Interview de Mireille BARREAU

Spa et bien-être, pour une construction saine et naturelle

Le spa, nouveau temple du bien-être et du ressourcement

Spa la Clairière (Copyright Yves Trotzier)

Spa la Clairière (Copyright Yves Trotzier)

 

 

Pour qui observe l’univers du spa, il est une évidence qui frappe l’esprit : cette recherche du bien-être et du ressourcement prend racine dans une quête spirituelle ancestrale qui anime l’homme depuis toujours.

La « spa attitude », n’est-ce pas accepter de se reconnecter à son énergie à travers un parcours initiatique jalonné de rituels ? Les spas sont-ils pas les nouveaux sanctuaires consacrés à l’art du bien-être et du ressourcement ?

Les bâtisseurs de cathédrale

D’où l’importance de bâtir des lieux en harmonie avec cette approche holistique, capables de magnifier la démarche de retrouvailles avec soi-même.

Cela suppose de revenir à des fondamentaux en matière de construction saine, protectrice pour l’homme et respectueuse pour l’environnement et de retrouver des savoirs étonnants et trop souvent oubliés.

Amoï Spa

Amoï Spa

 

 

Les Romains déjà s’en remettaient avec beaucoup de bon sens à l’observation de leur troupeau pour choisir le site où ils allaient bâtir leur villa. Plus tard, ces savoirs partagés par quelques initiés sont mis à profit : ainsi, les églises étaient-elles souvent placées sur des points d’intense activité cosmotellurique, générant des ondes qui pouvaient se révéler négatives pour l’homme. L’architecture précise des bâtisseurs de cathédrales et l’importance attachée à l’exactitude des volumes et des proportions permettaient d’utiliser ce potentiel de façon bénéfique et de réharmoniser ces lieux puissants avec la vie humaine.

La nécessité de concevoir un lieu en harmonie avec cette démarche, sain, naturel

Lors d’un soin « spa », le travail sur les énergies et les émotions est fondamental et très impliquant tant pour le praticien qui donne le soin que pour le client qui le reçoit

Or, dans un lieu chargé en énergie négative (présence d’un cours d’eau souterrain, proximité d’un réseau électrique, présence de radon …), une personne très sensorielle et intuitive va se sentir mal et vite oppressée.

De même, certains matériaux peuvent s’avérer malsains, soit parce qu’ils ne permettent pas de réguler température ou hygrométrie, soit qu’ils génèrent des substances nocives, et avoir ainsi des effets néfastes sur l’ambiance du lieu.

Spa La Clairière (Copyright Christian Cantin)

Spa La Clairière (Copyright Christian Cantin)

 

 

Un Spa est un lieu dédié au culte du bien-être et du ressourcement. L’énergie doit y être positive et l’ambiance bénéfique pour ceux qui y séjournent ou qui y travaillent. D’où l’importance à accorder à la conception des locaux et à l’emploi des matériaux.

Cette approche peut s’orienter aujourd’hui de façon très rationnelle à partir de plusieurs axes complémentaires : on peut construire écologique, bioclimatique, sur la base d’une approche biogéologique, ou d’une démarche HQE (haute qualité environnementale), autant de notions qu’il sera utile d’intégrer très en amont dans le projet de construction d’un Spa ou d’un institut de bien-être.

Une construction écologique répond en partie ou en totalité aux critères suivants :

-         être en harmonie avec l’environnement dans lequel elle se trouve,

-         utiliser des matériaux non polluants pour l’environnement à tous les stades de leur vie (fabrication, transport, mise en œuvre, démolition)

-         générer le moins possible de déchets lors du chantier

-         utiliser des matériaux n’émettant pas de substances toxiques (biocompatibilité)

-         consommer le moins possible d’énergie

-         utiliser des énergies renouvelables

-         assurer aux occupants une atmosphère intérieure saine (bonne hygrométrie, absence de polluants) et un bon confort acoustique.

Pour y parvenir, une construction bioclimatique tient compte des relations entre le soleil, le climat et les besoins de l’habitat pour les optimiser au niveau du confort et de la maîtrise du coût des énergies nécessaires et assurer à ses occupants une ambiance agréable à vivre.

Complémentaire, l’approche géobiologique nécessite de tenir compte dans le choix de l’emplacement de la construction, dans la disposition des pièces et le positionnement des meubles, de certaines influences, notamment telluriques, habituellement pas prises en compte et pas toujours mesurables avec des méthodes classiques.

Aujourd’hui, de nombreux architectes sont capables d’intégrer la plupart de ces notions dans une démarche HQE (haute qualité environnementale) au niveau d’un projet de construction.

Au niveau de la conception même du projet

Concevoir « sain et naturel », c’est finalement retrouver l’art de bâtir en associant au mieux l’homme avec son environnement : ces règles ne sont le plus souvent que l’expression d’un bon sens perdu dans l’impératif de construire au plus vite, au plus standardisé et au moindre coût.

Par exemple, l’harmonie provient aussi des volumes. L’utilisation des chiffres clefs et des nombres d’or utilisés autrefois par les bâtisseurs de cathédrales permet de créer une harmonie toute particulière des volumes et des proportions pour dimensionner un bassin, une cabine de soins, une salle de repos qu’on remarque et où on se sent bien.

Quelques règles de bon sens à respecter et l’application de principes simples : tenir compte de l’environnement, capter et stocker le soleil, isoler avec soin, profiter au mieux de la lumière du jour, permettent dès la phase de la conception de construire des lieux harmonieux où le bien-être règne.

Au niveau des aménagements et de la décoration

Il n’est pas toujours possible d’intervenir sur un bâtiment existant, mais on peut toujours améliorer les choses au niveau des aménagements et de la décoration.

En voici quelques exemples au niveau de la décoration :

Le bois constitue un revêtement naturel et sain largement utilisé dans l’univers du spa. On veillera toutefois de ne pas détériorer ces qualités par l’ajout de colles ou de traitements contenant des substances nocives pour l’organisme.

Le respect de la nature passe par le respect de ses ressources naturelles. On a déjà saccagé des forêts entières pour en extraire des essences rares ; acajou, ébène, teck, faisant disparaître dans le même temps de nombreuses autres espèces 

Une première démarche consiste à se renseigner sur l’origine des bois exotiques et à privilégier les filières renouvelables.

Les enduits à la chaux ou à base de terre sont utilisés depuis longtemps pour leur capacité de régulation de l’hygrométrie d’une pièce. On peut tirer des enseignements tout à fait intéressants à partir des méthodes de construction du hammam traditionnel (tadelak par exemple) sous réserve de les adapter à une utilisation professionnelle.

D’autres matériaux naturels peuvent être utilisés : jonc de mer, bambou, fibre de coco, toile de jute, sisal … sous réserve de leur adaptation aux exigences en matière d’hygiène (On les bannira des pièces humides et très humides en particulier)

Bien sûr, on évitera les matériaux synthétiques (moquettes, tentures, draps, couvertures …) qui en produisant de l’électricité statique, perturbent l’énergie humaine et provoquent fatigue et on privilégiera les matières naturelles : coton, lin, soie, laine, fibre naturelle …, leur seule limite étant leur capacité à supporter un entretien hygiénique de type professionnel.

 

Les conseils pour une démarche écologique et bioclimatique

La pollution électrique ne doit pas être négligée. Elle est susceptible d’épuiser un organisme fragilisé par les rayonnements négatifs dégagés par les appareils électriques sous tension et les installations mal protégées. Il est recommandé de les relier systématiquement à une bonne prise de terre.

Par ailleurs, il faut mieux se méfier de tout ce qui peut jouer le rôle d’antenne (structure métallique …), des miroirs et des grandes surfaces polies et vernies qui réfléchissent les particules électriques, provoquant une excitation sur le système nerveux.

Dans le même ordre d’idée, il faut manier l’usage des cristaux avec précaution. Certains minéraux, comme les quartz, peuvent réagir aux ondes électriques des appareils comme à votre propre magnétisme. Et l’effet peut être exactement inverse à celui recherché, annihiler votre propre énergie …

Le chauffage par convecteur électrique est une source de pollution. En pulsant un air réchauffé qui aura perdu son équilibre ionique, il va inévitablement brasser des microparticules de poussières et il assèche l’air, causant des gênes respiratoires.

L’éclairage par la lumière du jour est de loin préférable, mais pas toujours disponible. On privilégiera les ampoules à faible consommation, les halogènes trop gourmands en électricité (et producteurs de rayonnement ultraviolet)

En conclusion :

Qu’on parle aujourd’hui de feng shui, de géobiologie, de construction écologique ou bioclimatique, on revient aux sources d’un savoir ancestral partagé par les Chinois, les Druides, les Compagnons Maçons et de nombreuses autres traditions culturelles. On peut regretter que les techniques de construction naturelle et saine ne fassent pas l’objet aujourd’hui d’un enseignement reconnu officiellement, mais il serait dommage de ne pas les intégrer avec discernement dans le cahier des charges pour la conception d’un spa …

Les adresses et contacts utiles :

www.assohqe.org

www.geobiologie.fr

www.batirsain.org

Un ouvrage de référence :

Encyclopédie illustrée du feng shui par Lillian TOO (Guy Daniel Editeur)

 

Article rédigé par Mireille BARREAU et paru dans « European Spa Magazine »

Avant de commencer votre chantier Spa, ce qu’il faut savoir en bref

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- N’oubliez pas de consulter le syndic dans le cas d’une copropriété ; quelquefois l’avis d’une assemblée générale des copropriétaires peut s’avérer indispensable avant même de lancer le projet.

- Avant de mettre en route le projet, assurez-vous de l’obtention des autorisations d’urbanisme et du permis de construire.

- Le rôle de l’architecte dans la réalisation d’un Spa est essentiel, sous réserve que vous lui ayez soumis un cahier des charges complet précisant la programmation, les performances que vous attendez du bâtiment et des installations et que vous lui expliquiez bien les prestations que vous souhaitez donner dans votre Spa et le contexte lié à votre concept et à votre projet d’exploitation. C’est un gros travail préalable, et cela ne s’improvise pas !

- Ce cahier des charges, confiez le plutôt à un consultant spécialisé dans l’univers du Spa et du Bien-être que vous choisirez en fonction de son expérience réelle. Il s’agit de techniques et non de marketing à ce niveau ! Rentabilité et maîtrise des coûts sont à ce prix.

- Veillez à ce que ce consultant soit vraiment indépendant de toute entreprise susceptible d’être plus tard un fournisseur d’équipements ou de produits Spa ; c’est le seul moyen qui vous permettra de juger les propositions en toute connaissance de cause et dans votre propre intérêt.

- N’hésitez pas en cas de doute à recourir aux services d’un économiste dans le cas d’un projet complexe pour valider le coût prévisionnel des investissements.

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- Concilier le design et l’exploitation demande une parfaite connaissance des contraintes de l’exploitation. Un matériau ou un revêtement inadaptés pénalisent la rentabilité ! Faites confiance à la compétence de consultants qui comme ceux de Ressourcea ont accumulé les expériences au fil des années.